Gérer ses ressources à l’échelle locale ?

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Les déchets sont des ressources ! C’est en tout cas le credo de l’économie circulaire. Il ne faut plus parler de déchets mais de produits ou de recyclats. Les esprits [chagrins] pourraient s’interroger sur cette « transmutation ». Pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ? Nous avançons deux hypothèses :
a. Le contexte a changé. (Quel serait ce nouveau contexte ?)
b. Il est maintenant envisagé de repenser le Système pour notamment privilégier le circuit court. (Comment concrètement repenser le système et surtout … le mettre en place ?)

Un nouveau contexte ?

Crises économique, sociale, financière, environnementale, etc… La période actuelle et, plus que vraisemblablement, les années à venir devraient se révéler … intéressantes. Etymologiquement, « crise » du latin « crisis » renvoie à la « manifestation grave d’une maladie ». Dès les années 70, le rapport du Club de Rome alertait sur un futur inquiétant pour l’humanité. Essai de prospective réussie puisqu’il semble bien que 40 ans plus tard, nous ne sommes pas très loin de ce qui était anticipé.
Inventaire à la Prévert de faits qui ne poussent pas nécessairement à un grand optimisme.

  1. A l’échelle mondiale, 7 milliards d’humains évoluant au sein d’un environnement écologique dégradé, empruntant trop de ressources naturelles et se livrant une concurrence exacerbée.
  2. A l’échelle nationale française, à la fin du troisième trimestre 2014, une dette publique de 95,2 % du PIB. (source Insee) . D’après le site Planetoscope mis en place par consoglobe.com nous en serions en fait aujourd’hui à 98% .
  3. Une diminution constante du niveau de vie des classes moyennes.
  4. Un écart/décalage de plus en plus important entre les « élites » et le reste de la population.
  5. Une désindustrialisation massive au profit de services qui nécessitent pourtant une infrastructure technique coûteuse [tant en dépenses énergétiques qu’en argent].
  6. Des ressources énergétiques notoirement insuffisantes par rapport à des évaluations toujours croissantes des besoins.
  7. Un gaspillage généralisé qui permet à notre société de consommation de fonctionner. Nous produisons trop et souvent mal.

Au regard des enjeux & de la situation, il semble qu’effectivement nous aurions intérêt à modifier certains comportements individuels et collectifs. Face à une série de catastrophes annoncées, l’imagination et l’innovation – intégrant une grande part de technologies – sont convoquées. La mobilisation et surtout les résultats sont-ils / seront-ils au rendez-vous ?
Pour beaucoup d’experts, il faudrait aller plus loin qu’une couche de peinture et refondre un nouveau système intégrant mieux la dimension écologique [et moins la dimension économique & financière] : mettre en place un écosystème basé sur des circuits courts et des communautés [2.0] autonomes mais interdépendantes.

Repenser le Système et déployer des écosystèmes résilients en circuits courts ?

« En écologie, un écosystème est l’ensemble formé par une association ou communauté d’êtres vivants (ou biocénose) et son environnement biologique, géologique, édaphique, hydrologique, climatique, etc. (le biotope). Les éléments constituant un écosystème développent un réseau d’échange d’énergie et de matière permettant le maintien et le développement de la vie. » Wikipédia
Un circuit court des déchets, à quoi ça sert ? Quels éléments stratégiques faut-il avoir en tête dans l’hypothèse d’un projet intégrant nativement une structure de traitement des déchets au sein d’un territoire ?

Un circuit court des déchets ?

Traiter localement, c’est :

  • Diminué l’énergie nécessaire au transport.
  • Renforcer la confiance dans les mécanismes de traitement car les effets sur le territoire sont plus visibles. Trop de documentaires, notamment sur les D3E nous ont démontré que la multiplication des intervenants occasionnait une rupture dans la chaîne de confiance et une déresponsabilisation.
  • Accroître potentiellement l’implication des populations d’un territoire sur un problème qui concerne chacun.
  • Baisser le coût de traitement des déchets

Mais, pour y arriver, cela implique de :

  • Repenser les paradigmes.
  • Accepter le fait que nous n’ayons pas toutes les solutions. Donc décider de les trouver et pour cela expérimenter.
  • Ré-intégrer la nature en ville (Agriculture Urbaine)
  • Impliquer les gens qui vivent sur le territoire.
  • ….

 Et si à l’échelle d’un quartier, on envisageait de créer un écosystème ?

Un écosystème optimisant les ressources ?

Page blanche. Imaginons 70 000 m2 en requalification sur un territoire urbain dense. Et si, dès le départ, était envisagé le traitement des déchets par des structures ad hoc, cohabitant avec des commerces, des espaces culturels, des habitations, des espaces verts mêlant productivisme et esthétisme ? Quels seraient – notamment en tenant compte de l’expérience d’InfoGnuEureka dans divers projets liés aux déchets & à l’agriculture urbaine – les points stratégiques à avoir à l’oeil ?

D’abord laisser de la place pour la création de nouveaux usages & l’imaginaire. Un quartier c’est des immeubles mais surtout des gens qui s’approprieront ou pas leur territoire. Entre une vision technocratique pensant le futur idéal et le quotidien de personnes, on peut imaginer pas mal de différences. Privilégier donc la modularité. Par ex., a. Considérer le cinéma plus comme un espace culturel que comme un lieu exclusif de divertissement voire d’abrutissement et de consommation. Un cinéma ne pourrait-il pas être notamment converti en théâtre et vis versa selon les besoins ? b. Réfléchir à des évolutions possibles quant aux pratiques automobiles. Le pic pétrolier, l’économie de la fonctionnalité permettront-ils de limiter l’utilisation d’un véhicule privé ? Si tel était le cas, quel ré-utilisation pourrait-elle être fait de ces espaces ? c. S’interroger sur les conséquences d’une éventuelle orientation plus marquée vers le fait le toi-même que sur la consommation de masse de produits standardisés dans différents domaines (agriculture urbaine, fabrication numérique…). d. Penser à intégrer des espaces modulaires de travail collaboratif. e. Prendre en compte dans les calculs de portance l’ajout de constructions légères ou de charges supplémentaires terre pour différents usages (par ex. pour de l’agriculture urbaine) …

Ensuite, rapprocher ressourcerie et lieu de réappropriation des connaissances comme cela a été fait – et continue de l’être – dans le projet D3E, permet d’envisager des synergies dans l’optimisation des ressources des uns et des autres. Cela, grâce notamment à la mutualisation de moyens et la complémentarité des approches. Là, l’aspect logistique serait primordial. De même que l’aspect conciergerie non plus vue de manière traditionnelle par l’emploi d’un gardien mais peut-être :

  • en intégrant certaines des missions d’une régie de quartier,
  • en s’inspirant d’initiatives comme celle de cheznous faisant appel à des outils numériques à travers le concept de portails web locaux (la e-conciergerie mais pas que)…

Enfin, rien n’étant éternelle. Dans une optique d’écoconception, penser la fin de vie des futurs immeubles par exemple [dans la mesure du possible] ouvrir les possibilités de démontage de structures légères ou pour le gros oeuvre privilégier la déconstruction plutôt que la démolition. Soigner tout particulièrement la conservation des documents qui parfois lorsqu’ils ont été correctement gérés [InfoGnuEureka fait aussi du conseil en records management 😉 ] peuvent éviter de gaspiller des ressources.

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Si cet éclairage et ces conseils vous ont semblé pertinents et utiles, rappeler vous, qu’IGE est une société de conseil, libre open source … mais pas gratuite. 😉 N’hésitez donc pas à faire appel à nous pour modéliser les systèmes existants, analyser les données, proposer des solutions pragmatiques d’optimisation des ressources et/ou vous mettre en relation avec des acteurs de la résilience.

Le 2 dec. 2014
Mis à jour le 4 fev. 2015
CD,

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