La science frugale, accélératrice du réemploi & développeuse d’éducation populaire ?

machin chose

En 2016, l’ESPCI (École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris) et ses partenaires décidaient de mettre en place une exposition en « Science Frugale ». Particularité, elle fut en partie constituée grâce à des ateliers où le grand public – encadré par un chercheur en physique et un médiateur numérique – réalisait lui même les objets de science frugale exposés. L’expo prendra officiellement fin le 7 sept. 2017.

Ce 27 juillet, trois des associations ayant participé à cette exposition ainsi que l’un des cofondateurs de deux fablabs de quartier, se sont retrouvés au bar associatif de la Petite Rockette pour évoquer la « désinauguration » de cette exposition.

Trois thèmes ont structuré nos échanges : la désinauguration – la reproductibilité des objets exposés – de nouveaux ateliers de science frugale indépendant de l’exposition.

I. La « désinauguration » de l’expo science frugale

Sandrine, commissaire de l’exposition, employa l’expression « désinauguration » lors d’un atelier de brainstorming qui a conduit à la création du « totem » de l’exposition : « le machin chose ».

Une exposition ayant une durée de vie limitée, que deviennent ensuite les objets ?
Pour l’expo science frugale, ces objets vont connaître une seconde vie. D’une part, cette expo ayant remporté le prix « Smart and Simple » du Mariano Gago Awards, elle a été prolongée jusqu’au 6 sept. D’autre part, elle devrait – si des financements sont trouvés – faire l’objet d’une itinérance dont les durées – tant pour les expositions dans différents lieux à déterminer que pour la fin de cette itinérance – n’ont pas encore été fixées.

Nous avons échangé sur les possibilités de financement de cette future expo itinérante, les lieux envisagés, les publics destinataires de l’exposition, la destination finale des objets…. Une table ronde « désinauguration de l’expo science frugale » qui aura lieu le 7 septembre à 18h30 à l’Espace Pierre Gilles de Gennes devrait permettre de réaborder une partie des points traités lors de notre atelier d’intelligence collective.

II. La reproductibilité des objets

Tous les objets exposés sont en open source. Cela signifie donc qu’ils pourraient être reproduits par d’autres personnes que leurs créateurs. C’est un des aspects auquel Electrocycle, une des associations partenaires, a été très sensible en acceptant d’intervenir bénévolement à l’Espace Pierre Gilles de Gennes.

Des milliers d’équipements électriques & électroniques en fin de vie sont broyés (recyclés) chaque jour au lieu de faire l’objet d’un réemploi notamment de certaines de leurs pièces détachées. Les ressourceries, comme d’autres structures, disposent de gisements importants de ces équipements. Mais, elles manquent de débouchés pour que des pièces détachées soient réemployées. Et si des objets issus de la science frugale étaient reproduits à l’occasion d’atelier d’éducation populaire ? Si ces objets de science frugale permettaient de doter différents lieux utilisant ces créations scientifiques pour développer l’éducation populaire ?

Utopie ? Peut-être. Mais, un écosystème du réemploi autour des équipements électriques & électroniques en fin de vie ne pourrait-il émerger si sciences, cultures & économie s’associaient en s’implantant dans des lieux de l’Economie Sociale & Solidaire (ESS) ou/et culturels ?

C’est le pari que souhaiterait tenter Electrocycle avec d’autres structures. Les ateliers dont nous a parlé Maxime (Traces), pourrait être un moyen d’initier ce projet.

III. De nouveaux ateliers en science frugale découplés de l’expo

L’expo Science Frugale à l’espace Pierre Gilles de Gennes a démontré l’appétence du grand public pour mettre la main à la patte lors d’ateliers de créations scientifiques ou artistiques. L’utilisation des objets créés lors de ses ateliers n’a pu être exploré car la finalité était l’exposition. Mais certains des objets réalisés peuvent mettre la science à la portée du grand public comme être utilisés par des chercheurs. Il y a là un potentiel qui pourrait générer une demande pour des ateliers de science frugale.

Des ateliers science frugale en Ile de France ont pu obtenir un budget et seront lancés. D’autres structures pourront-ils bénéficier de ce financement ? Un travail commun d’enrichissement du catalogue virtuel et de la documentation est-il envisageable ? Des synergies avec des fablabs pour créer des kits se feront-elles jours ? Les questions ont été posées mais il était encore trop tôt pour avoir des réponses.

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Ces nouveaux ateliers de science frugale sont riches de promesses. L’avenir proche – 7 sept. – nous dira ce qu’il en sera de la « désinauguration » en science frugale. Un futur plus lointain se chargera de nous apporter certaines des réponses aux questions évoquées par notre petit groupe de réflexion. Groupe – constitué de médiateurs scientifiques, d’animateurs, d’artiste, d’entrepreneurs, de gérant de Fablabs… – qui malgré (ou peut être grâce à) des objectifs différents a pu produire des échanges très intéressants.
Merci aux participants (Antanak, Electrocyle, ESPCI, InfoGnuEureka, Traces, Villette Makerz) & à la ressourcerie de la Petite Rockette qui nous a accueillie et permis de (re)découvrir son fonctionnement interne.

Cyril Desmidt
Le 1/08/2017

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