Une fabrique éphémère de communs numériques ?

https://openclipart.org/detail/193012/man-working-at-computers

Nous nous étions quitté après l’atelier ludification de Wikidata sur la quasi promesse de nous retrouver le 16 juin 2016 pour participer à l’une des soirées de la FPH, nouveau foyer de libristes. Elle y propose un superbe espace, de la lumière, le réseau, de la convivialité et la possibilité pour des geeks de se retrouver pour faire des choses dans une bonne ambiance.
Pas de thématique Wikidata prédéfinie cette fois ci. Juste l’envie de découvrir ce, qu’après cet événement, nous appellerons une « fabrique éphémère de communs numériques ».
Qu’est ce qu’une fabrique de communs numériques ? Pourquoi qualifier la soirée à la FPH de « Fabrique éphémère de communs numérique » ? Quelles ont été les productions ou promesses de la soirée ?

Regard croisé sur un vaste projet de pôle territorial de fabrique de communs numériques à l’aune d’un moment éphémère de création de communs numériques.

Une fabrique des communs numériques ?

L’expression n’est pas de nous. Nous l’avons emprunté à l’association Valeureux. Cette dernière a initié un travail de réflexion sur ce sujet qui a soulevé l’intérêt de nombreuses structures de l’ESS (l’économie sociale et solidaire) & de libristes.
Valeureux profite actuellement (juin 2016) d’un appel à projet pour lequel elle est présélectionnée pour amorcer un futur pôle territorial de coopération économique (PTCE) « fabrique des communs numériques ».
Participer à cet événement nous a aidé à mieux appréhender cette notion. Décomposons l’expression.

1. Fabrique

Une fabrique est plus qu’un atelier et moins qu’une usine. Le mot renvoi à un temps où l’artisanat allait laisser la place progressivement à l’industrialisation et à une consommation de masse. Gage d’une certaine forme d’égalité sociale mais aussi l’annonce d’une production à bas coût aux conséquences environnementales et sociales désastreuses.
Age d’or d’un équilibre précaire où le bel ouvrage était encore un idéal ?

2. des communs…

Les communs désignent une ou plusieurs ressources gérées par des gens qui se sont donnés leurs propres règles. Ces gens forment une communauté qui poursuit un intérêt commun flirtant avec l’intérêt général.

3. … numériques

Pour nous, après quelques discussions sur le « PTCE », les communs numériques renvoient aux logiciels, aux matériels, à du contenu & à des méthodes de travail partagées utilisant le numérique.

Les jeudis à la FPH, vu comme une fabrique éphémère de communs numériques ?

On peut réfléchir « méta » mais, les choses semblent beaucoup plus accessibles lorsque l’on reste pragmatique à partir, non pas d’un idéal, mais d’un cas d’étude. Et cette soirée, au regard de la foultitude de choses apprises a fourni un cas intéressant.

A l’origine, les soirées ont été initiées par trois personnes qui, pour des raisons pratiques, ont préféré un rendez-vous hebdomadaire en soirée de 19h à 23h.
L’une des ressources, c’est d’abord un lieu partagé avec une zone réservée à la convivialité sans informatique et une autre au travail, avec, le plus souvent, son ordinateur portable(1). Ensuite, c’est les envies et projets que chacun porte. Enfin, ce sont les informations échangées à l’occasion de la pause grignotage des participants.

Les gens, une quinzaine de libristes(2), « non affiliés » ou membres de structures bien connues du « milieu » (Ubuntu, April, Open Foods Facts, Wikimedia France, Picapo et … Electrocycle) étaient assis par affinités.

Une règle non inscrite semblait être que chacun reste concentré sur les priorités de son association pour travailler, jusqu’à ce qu’il aille chercher de quoi se sustenter. Règle de l’autogestion dans l’organisation du ravitaillement où chacun selon ses goûts et finances apporte un quelque chose, contribue au rangement de la salle et veille, à 23h, d’avoir nettoyer les lieux. Règle de la disponibilité, du partage et de l’ouverture si des questions émergent suite à la présence éventuel de « butineur(s) » allant d’un groupe à l’autre.

Quelques unes des questions posées croisant des intérêts communs, ont permis, nous l’espérons, de poser les bases de futurs communs numériques. « Produits » plus pérennes que la phase de départ qui est celle de l’imagination et des souhaits.

Production de futurs communs numériques grâce au creuset de la soirée à la FPH ?

Une cartographie des logiciels libres accélérée grâce à de nouvelles informations ?

Suite à une remarque de l’un des participants du projet de fabrique des communs numériques, une question a été posée à Wikimedia France. Elle a donné le thème de cette séance Wikidata qui a porté sur l’identifiant unique et les possibilités qu’il offre en terme d’identification de ressources de logiciels libres dans le monde mais aussi de structures libristes.

Ne reste plus, après les explications données, qu’à pratiquer pour voir si, un projet initialement envisagé comme de longue haleine, ne pourrait pas être réalisé plutôt qu’attendu ! Sur le sujet de la cartographie des logiciels libres, nous avons d’ailleurs appris que Framasoft avait, il y a quelque temps missionné une entreprise pour mettre à jour l’annuaire des logiciels libres figurant sur https://framasoft.org/rubrique2.html .

Une taxonomie commune entre wikidata et Open Food Facts

Le fondateur d’Open Food Facts a évoqué l’un des chantiers en cours, la taxonomie. Une occasion pour Wikidata, Open Food Facts et des professionnels de l’information(3) ?

Regard croisé entre une vision de long terme et un événement hebdomadaire

Des rencontres sérendipidiennes ont eut lieu. Aboutiront-elles à la fabrication de communs numériques dans le futurs ? Un signe encourageant, Wikidata a déjà prévu de réaliser son prochain atelier à la FPH.
Une chose est sûre, les échanges fructueux dans le monde réel ont permis d’enrichir les connaissances des uns et des autres et d’ouvrir des possibilités. Même si le numérique permet de s’affranchir, en apparence, d’un lieu physique, l’inscription d’acteurs dans un territoire est une nécessité. La réflexion sur un PTCE n’est donc pas hors sujet. Reste à déterminer le périmètre de la zone géographique la plus pertinente. Est-ce la commune, le département, les nouveaux territoires issus de la loi NOTRe, la région ? Ne faut-il pas créer d’abord des petites fabriques avant de les fédérer via des pôles ?

Il n’est pas très difficile lorsque les acteurs se connaissent de découvrir des projets communs. Plus compliqués seront leurs financements… Sauf à décider de donner du temps et de contribuer aux communs numériques !

Plusieurs pistes de missions pour le PTCE :

  • la valorisation des ressources existantes,
  • leur maintien,
  • une visibilité sur les projets à venir
  • et le financement des communs numériques. 😉

Le 23/06/2016,
Cyril Desmidt

(1) L’ordinateur, l’outil de travail de l’artisan-développeur du XXIe siècle.;)
(2) Les libristes sont des militants des logiciels libres. Certains des participants présents contribuent/contribueront au « PTCE Fabrique de commun numériques »
(3) Nous avions une libraire dans la salle et le sujet de réaliser un prochain atelier Wikidata dans une médiathèque a été soulevé !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *