En route vers un circuit court open source de réemploi de terres non polluées issues de chantiers de construction ?

En juillet dernier, nous avions reçu une demande d’un bureau d’études en développement durable pour l’aider à réemployer localement des terres qui devaient être excavées. Nous avions trouvé des agriculteurs urbains intéressés. Il fallait également un partenaire logistique…
En septembre, les états généraux de l’économie circulaire furent l’occasion de découvrir une société innovante, gestionnaire de terres. Deux entretiens ultérieurs, avec son représentant grands comptes, nous avaient fait entrevoir une possibilité de mise en relation entre différents acteurs d’une chaîne d’un réemploi local de terres non polluées, jusque-là non connectés. Nous avions alors proposé d’organiser une rencontre entre bureaux d’études de spécialités différentes, gestionnaire de terres et agriculteurs urbains.
Elle a eu lieu le 28 janvier 2016 dans les locaux d’une association du XVIIIe arrondissement de Paris, pionnière de l’agriculture urbaine avec un fort volet lien social.

Un objectif clair & ambitieux. Et si on utilisait localement de la terre non polluée issue de chantiers tout en développant l’agriculture urbaine ?

Ce fut un moment convivial très éclairant pour les différents acteurs du réemploi de terres réunis autour d’une même table. Quelles questions ont-elles été soulevées ? Quelles avancées peut-on espérer ?

Maïeutique autour d’un circuit open source de réemploi local de terres non polluées ?

Les échanges d’1h30 ont été extrêmement denses. Plutôt que d’en faire un résumé partiel, nous avons décidé de recourir à la maïeutique, en laissant volontairement les réponses de côtés. Ces dernières, grâce à la qualité d’écoute des participants, l’intelligence collective [et nous l’espérons aussi, un peu avec un coup de pouce de l’animateur 😉 ] ont permis d’envisager sereinement des suites à très court terme puisqu’un retour sur des données concrètes est prévu vers le 8 février 2016.

Les interrogations ont portées sur différents points.

  1. Pourquoi ne réutilisent-ont pas sur place les terres excavées ?
  2. Est-ce une bonne chose que de réfléchir à déménager des sols ?
  3. C’est quoi un sol fertile ? Que faut-il faire pour permettre de cultiver ?
  4. D’où vient la pollution des sols ? Qui est responsable ?
  5. Comment les terres excavée sont-elles gérées actuellement ?
  6. Comment s’effectue le maillage des tests d’analyse ?
  7. Serait-il possible et souhaitable de mettre plus de transparence sur la réutilisation des terres non polluées issus de chantiers de construction ?
  8. D’où viennent les terres végétales vendues aux agriculteurs urbains ?
  9. Font-elles l’objet de tests agronomiques ?
  10. Comment fonctionne le marché des terres végétales ?
  11. Quels sont les tests actuellement pratiqués sur les terres excavées ?
  12. Faut-il ajouter d’autres tests à ceux déjà pratiqués pour permettre le réemploi des terres à des fins d’agriculture urbaine ?
  13. Combien coûte un test d’analyse chimique des sols ?
  14. Qui contacter pour des tests et combien de temps cela prendrait-il ?
  15. Comment mettre en place une logistique efficace et peu coûteuse entre un chantier de construction et plusieurs lieux de réemploi des terres ?
  16. Est-il envisageable de mutualiser un point de regroupement des terres où les associations partenaires viendraient se servir en fonction de leurs besoins ? Si non, quelles autres solutions ?
  17. Comment éviter les ruptures de charges ?
  18. Combien coûte la terre végétale au m3 achetée actuellement par les associations d’agriculture urbaine ? A quel prix serait vendu la terre proposée par la société gestionnaire de terre ?
  19. Qu’est-ce qui motive le gestionnaire de terres à venir rencontrer de petits utilisateurs de terres ?
  20. Quelle serait la quantité de terre nécessaire pour le groupe d’agriculteurs présents à cette rencontre en une année ?
  21. Comment s »organiser entre associations pour arriver au seuil de 13 m3 pour mettre en œuvre une opération test de récup’ et, si succès, d’en lancer d’autres par la suite ?
  22. Dans quel délai faudrait-il demander des terres végétales auprès du gestionnaire de terres ?
  23. Est-il réalisable de maîtriser un calendrier logistique ?
  24. Assurer le transport avec quel conditionnement ? (Big bag, benne, autre ?)
  25. Les projets actuels de réemploi de terres en agriculture urbaine sont-ils pérennes ?
  26. Que devient la terre faisant l’objet de projets de cultures hors sols ?
  27. Comment amener de la terre sur les toits ?
  28. Et la bio-remédiation,… c’est pour quand ?

Les suites ???

Cette liste ne synthétise que les questions soulevées. Certaines – en partie parce que le temps n’était pas encore venue de les traiter – devront faire l’objet de discussions ultérieures.

Nous n’en mentionnerons que trois :

  • Du temps et de l’argent sera-t-il réellement investi pour mettre en œuvre un circuit court transparent entre chantiers de construction et lieux de réemploi de terres pour le marché de niche qu’est actuellement l’agriculture urbaine parisienne ?
  • Quel circuit précisément image-t-on mettre en place ? L’infographie réalisée par InfoGnuEureka en début d’article, apporte quelques éléments de début de réflexions. Nous espérons qu’une seconde rencontre – cette fois-ci organisée dans les locaux de la société gestionnaire de Terre ? – permettra de « creuser » la question.
  • Question fondamentale à tout projet économique : quel modèle économique ? Formulé autrement : Qui paye ? Pour quel quantité ? Et combien ?

Enfin, nous ajouterons que cette rencontre informelle, a aussi été l’occasion d’élargir la problématique de la réutilisation des terres. En effet, l’un des bureaux d’études présent souhaiterait développer la construction … en terre. Cette piste permettrait t-elle d’envisager des négociations pour des terres ne nécessitant pas les qualités agronomiques lié à celle des cultures ?

Merci à l’ensemble des participants pour avoir pris du temps et s’être écouté en vue d’améliorer le réemploi des terres et contribuer à une ville plus résiliente.

Le 5 fev. 2016
Cyril Desmidt

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